Maurras MADEMOISELLE MONK, de Charles MAURRAS, 1923 (nouvelle édition – 1ère en 1902), préface d’André MALRAUX




Le nom de Charles Maurras va disparaître du
Livre des commémorations nationales 2018

Après les protestations de plusieurs associations antiracistes, le ministère de la Culture a décidé de retirer la référence à l’écrivain d’extrême droite Charles Maurras. L’auteur prônant un « antisémitisme d’État » est né il y a 150 ans.

Pour « lever l’ambiguïté » sur « des malentendus qui sont de nature à diviser la société française », la ministre a demandé le rappel du livre des commémorations nationales 2018 et sa réimpression « après retrait de la référence à Maurras », indique la ministre de la Culture dans un communiqué.

Le Parisien (avec l’AFP), 28 janvier 2018



Maurras, le retour ! Avec de furieuses polémiques partout. On ne reproduira (en partie) que l’article de Télérama du 7 février 2018 titré « Doit-on effacer Charles Maurras ? » :

Évacuer Maurras des commémorations nationales n'a aucun sens, sinon celui de se bercer de l'illusion qu'il ne faudrait se souvenir que de ce dont la République, la «gueuse », comme disaient les antiparlementaires, peut se glorifier. On pourrait même aller jusqu'à rayer, dans les biographies autorisées, l'influence qu'exerça Maurras sur la jeunesse d'un certain Charles de Gaulle. Charles Maurras est une figure abjecte de notre histoire. Le passer sous silence ne résout rien du rayonnement qui fut le sien dans des décennies incandescentes, ni du système d'idées qui fomenta toute une idéologie. Une idéologie qui, elle, n'est pas morte, contrairement à lui, en 1952.

Gilles Heuré

On se souvient ici que l’un des textes de Charles Maurras, Mademoiselle Monk, paru d’abord en 1902 (voir http://maurras.net/textes/58.html) dans la Gazette de France, a fait l’objet en 1923 d’une nouvelle édition, préfacée par André Malraux (voir ici - on notera au passage le style incroyable de l’auteur). Préface oubliée, minimisée, gommée, désavouée et reniée. Une besogne alimentaire ? Il est vrai qu’en 1923 les finances du couple Malraux étaient affligeantes, ce qui les a conduit à une expédition calamiteuse de pillage au Cambodge. Mais cet écrit d’un peu plus de 500 mots n’a pas dû être rémunéré grassement. De plus, on va voir que ce travail a été effectué très sérieusement. Mais, avant de l’examiner, considérons qui était Maurras en 1923 – avant d’être un infâme antisémite notoire comme ici, le 5 juin 1936, dans le quotidien dont il était Directeur, à propos de Léon Blum :

Action française


Une étude de Laurent Joly parue dans la Revue Historique (2006/3 - n° 639) titrée « Les débuts de l’Action française (1899-1914) ou l’élaboration d’un nationalisme antisémite », disponible sur le Net à l'adresse :
https://www.cairn.info/revue-historique-2006-3-page-695.htm
répond à cette question. Et cette réponse est claire :

Chez Charles Maurras, la haine du Juif occupe une place prépondérante tant dans son univers mental que dans la construction politique qu’il a élaborée. Et il est exagéré de mettre, comme on le fait souvent, son antisémitisme sur le même plan que ses sentiments à l’égard des protestants et des francs-maçons, et de ne le considérer que comme une conséquence de son idéologie antilibérale et monarchiste. Habituellement virulent contre ses adversaires politiques, Maurras peut modérer son point de vue vis-à-vis des protestants, comme les Monod par exemple. Il ne manifestera jamais la même clémence à l’égard d’un Juif. Ce dernier peut rendre des services à la nation, il ne sera jamais un vrai Français.

Laurent Joly signale qu’au cours de l’année 1911, dans le journal royaliste, nationaliste, antisémite et antidreyfusard L’Action française, seuls 25 des 135 éditoriaux de Maurras sont vierges de toute attaque contre les Juifs. En 1923 André Malraux ne pouvait donc ignorer le nationalisme antisémite de Charles Maurras. Dans la préface à Mademoiselle Monk il lui rend pourtant un bel hommage, comme le constate Henri Massis (Maurras et notre temps Tome I, La Palatine, 1951, pp. 268 et s.) :

Les vingt ans de Malraux devaient se donner à Maurras : il l'avait lu, bien lu, et la préface qu'en 1923 il mit à une réimpression de Mademoiselle Monk marque une date dans sa « biographie ». De cette première démarche d'André Malraux, que reste-t-il ? Un hommage, l'un des plus pénétrants qui aient été rendus à Charles Maurras, une page belle et forte…

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Geoffrey T. Harris n’a pas ignoré ces pages qui viennent à l’appui de sa thèse sur la continuité politique d’André Malraux, De l’Indochine au R.P.F (Les Éditions Paratexte, 1990). Une fois de plus sont constatés la pertinence et l'intérêt capital de cet ouvrage. Une fois de plus doit être demandée sa réédition, essentielle pour la connaissance et la compréhension du vrai Malraux.


© Jacques Haussy, février 2018


Le point de vue de Sébastien Fontenelle doit être signalé : http://cqfd-journal.org/Definitivement-dessille. En considérant les agissements du fameux éditeur mahométan Mohammed Gallimard et de la ministre de la Culture Fatima Nyssen il a dû se rendre à l’évidence : l’antisémitisme mulsuman est une réalité.

Mars 2018